Bonjour Thibaud, en tant que responsable SEO chez Abondance, premier média français dédié aux moteurs de recherche, comment résumeriez-vous votre rôle au quotidien et la manière dont vous accompagnez les entreprises pour booster leur visibilité en ligne ?
Bonjour ! Mon rôle au quotidien, c'est avant tout celui d'un traducteur - je traduis les enjeux business de nos clients en stratégie de visibilité concrète sur les moteurs de recherche.
Abondance est une référence française sur le SEO depuis plus de 25 ans, ce qui nous donne une vraie profondeur d'expertise et une légitimité rare dans l'écosystème. J'ai la chance de m'appuyer sur cette culture de la veille et de la rigueur pour accompagner des entreprises très différentes - des PME locales aux grands comptes - avec une approche sur mesure plutôt que des recettes toutes faites.
Et cet accompagnement est double : il y a bien sûr le conseil direct auprès de nos clients, mais aussi un impact indirect à travers notre média. Abondance, c'est une source de référence pour des milliers de professionnels du web qui s'appuient sur notre veille permanente pour rester à jour sur les évolutions des moteurs de recherche. C'est une façon d'élever le niveau de l'ensemble de l'écosystème.
Concrètement, mes journées mêlent trois dimensions : l'analyse - comprendre où en est le site d'un client, ce que font ses concurrents, comment Google le perçoit - la stratégie - définir les priorités, les leviers à activer, les indicateurs à suivre - et l'accompagnement humain, parce qu'un bon audit qui dort dans un tiroir ne sert à rien. Mon rôle, c'est aussi de faire comprendre et embarquer les équipes côté client.
Ce qui me passionne dans ce métier en ce moment, c'est que le SEO se complexifie : entre les mises à jour algorithmiques, l'essor de la recherche générative avec les IA comme ChatGPT ou Gemini, et l'évolution des comportements des internautes, on doit constamment se réinventer. Chez Abondance, on est au cœur de cette transformation - on la documente, on la comprend, et on aide nos clients à ne pas la subir.
Vous insistez chez Abondance sur un SEO “fiable et durable”. Concrètement, en quoi les bonnes pratiques SEO que vous recommandez diffèrent-elles des approches plus opportunistes ou court-termistes que l’on voit encore trop souvent sur le marché ?
C'est une question qui me tient vraiment à cœur, parce qu'on voit encore beaucoup de dégâts causés par des approches qui promettent des résultats rapides... et qui finissent par coûter très cher.
Les approches opportunistes, on les connaît bien : achat de liens en masse sur des réseaux privés, contenu généré à la chaîne sans vraie valeur ajoutée, optimisations techniques qui jouent avec les limites des guidelines de Google. Ça peut fonctionner quelques mois, parfois plus. Mais quand Google met à jour son algorithme - et il le fait de plus en plus souvent et de plus en plus finement - ce sont ces sites qui s'effondrent du jour au lendemain. J'ai vu des entreprises perdre 70, 80% de leur trafic organique en une nuit. C'est brutal, et souvent très difficile à rattraper.
Ce qu'on prône chez Abondance, c'est une approche qui part d'une conviction simple : Google cherche à récompenser les sites qui méritent réellement d'être bien classés. Donc notre travail, c'est d'aider nos clients à mériter ce classement - pas à le contourner.
Concrètement, ça se traduit par plusieurs choses. D'abord, un travail de fond sur la qualité du contenu : est-ce que les pages répondent vraiment aux questions des utilisateurs, est-ce qu'elles apportent une expertise réelle, une perspective différenciante ? Ensuite, un travail sur la crédibilité du site - ce qu'on appelle l'autorité - en construisant des liens entrants naturels et qualitatifs, pas en les achetant en gros. Et enfin, une attention constante à l'expérience utilisateur, parce que ce qui est bon pour l'internaute est bon pour Google.
Ce qui distingue vraiment notre approche, c'est aussi la transparence. On explique toujours à nos clients pourquoi on fait ce qu'on fait, quels résultats attendre et sur quel horizon. Le SEO durable, ça prend du temps - en général on parle de 6 à 12 mois pour voir des effets significatifs. Mais une fois que c'est là, c'est solide.
Avec plus d’un million de lecteurs et une grosse communauté d’abonnés, vous avez une vision très large des problématiques SEO des entreprises françaises : quelles sont, selon vous, les trois erreurs les plus récurrentes qui plombent la visibilité en ligne, même chez des acteurs déjà matures ?
Bonne question, et justement parce qu'on a cette position d'observateur privilégié via notre média, on voit des patterns qui reviennent en boucle - y compris chez des entreprises qui font pourtant du SEO depuis des années.
La première erreur, c'est ce que j'appelle le SEO qu'on oublie d'inviter aux réunions. On a un responsable SEO d'un côté, les développeurs de l'autre, les équipes contenu ailleurs... et personne ne se parle vraiment. Résultat : on sort une refonte technique sans consulter le SEO, on perd la moitié de ses URLs stratégiques, et on met six mois à comprendre pourquoi le trafic a chuté. Le SEO doit être transversal, intégré dès le départ dans chaque projet digital. C'est cultural avant d'être technique.
La deuxième, c'est l'obsession du mot-clé au détriment de l'intention de recherche. Beaucoup d'acteurs matures ont fait leur travail de ciblage sémantique il y a quelques années et ne l'ont jamais remis en question. Or Google comprend aujourd'hui beaucoup mieux ce que cherche vraiment l'internaute derrière une requête. Se positionner sur un mot-clé à fort volume ne sert à rien si votre contenu ne répond pas à la vraie question que se pose l'utilisateur. On voit des pages très bien optimisées techniquement qui convertissent très mal, justement pour cette raison.
La troisième, et c'est peut-être la plus sous-estimée en ce moment, c'est l'ignorance de la dimension E-E-A-T - c'est-à-dire l'Expérience, l'Expertise, l'Autorité et la Fiabilité que Google cherche à évaluer sur un site. Des acteurs matures ont des contenus corrects, un bon maillage, une technique propre... mais aucune signature éditoriale, aucun auteur identifié, aucune preuve de légitimité sur leur sujet. Dans un contexte où le contenu généré par IA inonde le web, Google va de plus en plus valoriser ce qui est clairement humain, sourcé, et crédible. C'est un chantier que beaucoup n'ont pas encore ouvert.
Vos audits promettent une “analyse SEO complète orientée business”. Pouvez-vous nous décrire, à partir d’un cas client type, comment vous liez très concrètement recommandations SEO et objectifs business (CA, leads, notoriété…) pour éviter que le SEO ne reste un simple chantier technique ?
C'est exactement la question qui sépare un bon SEO d'un excellent SEO. Parce que franchement, un audit qui se termine par une liste de 200 recommandations techniques sans hiérarchie ni lien avec les objectifs de l'entreprise, ça ne sert pas à grand-chose.
Prenons un cas type qu'on rencontre souvent : une entreprise B2B, des cycles de vente longs, un panier moyen élevé. Elle vient nous voir parce que son trafic organique stagne. Le réflexe classique serait de plonger dans la technique - les balises, la vitesse de chargement, le maillage interne. On le fait bien sûr, mais ce n'est pas par là qu'on commence.
On commence par comprendre leur business. Quelles sont les pages qui génèrent des demandes de devis ? Quels sont les produits ou services à plus forte marge ? Quel est le profil de leur acheteur idéal, et comment il cherche sur Google ? C'est seulement avec ces réponses qu'on peut prioriser intelligemment.
Dans ce cas précis, on avait identifié que trois pages de catégories produits concentraient 80% des conversions - mais elles étaient mal positionnées sur des requêtes à fort potentiel commercial. On a travaillé en priorité sur ces pages-là : contenu, autorité, maillage. En parallèle, on a mis de côté temporairement des optimisations techniques certes utiles, mais sans impact direct sur le CA à court terme.
Six mois plus tard, ces trois pages avaient progressé en moyenne de 8 positions sur leurs requêtes cibles. Le trafic qualifié avait augmenté de 40%, et les leads générés par le canal organique avaient doublé.
Ce qu'on défend chez Abondance, c'est cette idée que chaque recommandation SEO doit pouvoir se justifier par un impact business mesurable. Si on ne sait pas répondre à "ça va rapporter quoi concrètement ?", c'est qu'on n'a pas encore bien fait notre travail d'analyse.
La notion de fiabilité de l’information est au cœur du projet Abondance. Comment cette exigence de contenu sérieux et vérifié se traduit-elle dans une stratégie de contenus SEO : ligne éditoriale, choix des mots-clés, format des pages, signaux de confiance pour Google (E‑E‑A‑T), etc. ?
La fiabilité, chez Abondance, ce n'est pas un argument marketing - c'est vraiment l'ADN du projet depuis le début. Et ce qui est intéressant, c'est que ce qui fait notre crédibilité éditoriale est exactement ce que Google cherche à récompenser aujourd'hui.
Concrètement, ça commence par la ligne éditoriale. On ne publie pas pour publier. On ne chasse pas le volume à tout prix. Chaque contenu qu'on produit - que ce soit un article de fond, une analyse d'algorithme ou un guide pratique - doit apporter quelque chose que l'internaute ne trouvera pas ailleurs, ou du moins pas aussi bien expliqué. C'est une exigence qu'on applique à notre propre média, et qu'on transpose ensuite dans les stratégies de contenu de nos clients.
Sur le choix des mots-clés, on travaille beaucoup sur ce qu'on appelle les requêtes à intention forte - celles où l'internaute cherche vraiment une réponse experte, pas juste une définition Wikipedia. Ce sont souvent des requêtes moins volumineuses, mais sur lesquelles un contenu vraiment sérieux peut faire la différence et attirer une audience qualifiée.
Sur le format, on est convaincus qu'un bon contenu SEO doit être lisible par un humain avant d'être lisible par Google. Ça paraît évident, mais on voit encore beaucoup de pages bourrées de mots-clés qui sacrifient la clarté à l'optimisation. Nous c'est l'inverse - on part du lecteur, et on s'assure ensuite que les signaux techniques sont là.
Et sur l'E-E-A-T justement - l'Expérience, l'Expertise, l'Autorité, la Fiabilité - Abondance est dans une position assez rare. On a des auteurs identifiés, avec des années de pratique terrain, qui signent leurs contenus. On cite nos sources. On date et on met à jour nos articles. On a une histoire, une réputation, des références. Ce sont exactement les signaux que Google cherche à détecter - et qu'on ne peut pas fabriquer du jour au lendemain. C'est le fruit de 25 ans de rigueur éditoriale. Pour nos clients, on les aide à construire ces mêmes signaux de confiance de façon progressive et authentique - parce qu'un signal de confiance qui sonne faux, Google le voit.
Entre l’IA générative, les résultats enrichis, les évolutions d’algorithme et la montée du “zero-click”, comment imaginez-vous les bonnes pratiques SEO dans 3 à 5 ans, et sur quels réflexes les entreprises devraient dès maintenant se former pour ne pas décrocher ?
C'est la question que tout le monde se pose en ce moment - et honnêtement, quiconque vous donne une réponse trop précise sur ce que sera le SEO dans 5 ans vous ment un peu. Mais il y a des signaux forts, et on peut déjà identifier les réflexes à adopter maintenant.
Ce qui est certain, c'est que la page de résultats Google telle qu'on la connaissait - dix liens bleus, un utilisateur qui clique - c'est déjà en train de disparaître. Les résultats enrichis, les featured snippets, et maintenant les réponses générées directement par l'IA de Google réduisent mécaniquement les clics vers les sites. Le "zero-click", ce n'est pas une menace future, c'est une réalité quotidienne.
Mais attention - je ne crois pas à la mort du SEO. Je crois à sa transformation. Ce qui va changer, c'est ce qu'on optimise. Aujourd'hui on optimise pour être cliqué. Demain on va de plus en plus optimiser pour être cité - par Google, par ChatGPT, par Perplexity, par tous ces systèmes d'IA qui synthétisent l'information et recommandent des sources. C'est ce qu'on appelle le GEO - le Generative Engine Optimization - et c'est probablement le chantier le plus stratégique des deux prochaines années.
Concrètement, ça veut dire quoi pour une entreprise ? Ça veut dire que la qualité et la crédibilité de l'information vont devenir encore plus déterminantes. Les IA citent des sources fiables, expertes, bien structurées. Elles ne citent pas du contenu générique produit à la chaîne. Donc le E-E-A-T dont on parlait tout à l'heure, ce n'est pas une tendance passagère - c'est la colonne vertébrale du SEO de demain.
Les réflexes à adopter maintenant ? J'en vois trois. D'abord, arrêter de mesurer le succès SEO uniquement au trafic, et commencer à regarder la visibilité de marque, les impressions, la présence dans les réponses IA. Les métriques doivent évoluer. Ensuite, investir sérieusement dans l'expertise éditoriale - des vrais auteurs, des vrais points de vue, des contenus qu'une IA ne pourrait pas produire seule. Et enfin, diversifier ses sources de trafic - SEO, mais aussi présence sur les plateformes, newsletters, communautés - parce que dépendre à 80% de Google en 2025, c'est un risque que peu d'entreprises peuvent vraiment se permettre.
Pour conclure, si vous deviez donner aux lecteurs d’Abondance trois actions prioritaires, simples mais à fort impact, à mettre en place dès ce mois-ci pour améliorer durablement leur visibilité naturelle, quelles seraient-elles et pourquoi ?
J'aime bien cette question parce qu'elle force à sortir du jargon et à se demander : si un client me dit qu'il a deux heures devant lui ce mois-ci, qu'est-ce que je lui dis de faire en premier ?
La première action, c'est d'auditer ses pages qui sont déjà presque bien positionnées. Pas celles qui sont en page 5 - celles-là, c'est un travail de long terme. Mais les pages qui sont en position 8, 9, 10, 11 sur des requêtes importantes. Avec un peu de travail - enrichir le contenu, améliorer le titre, renforcer le maillage interne vers ces pages - on peut souvent gagner 3 ou 4 positions rapidement. Et passer de la bas de page 1 au milieu de page 1, ça peut doubler le trafic sur une page. C'est du levier immédiat, souvent sous-exploité.
La deuxième, c'est de mettre à jour ses contenus existants plutôt que d'en créer de nouveaux. C'est contre-intuitif, mais un article de 3 ans qui était bien positionné et qui a décroché, c'est souvent beaucoup plus rapide à relancer qu'un contenu créé from scratch. On remet à jour les données, on enrichit le fond, on retravaille la structure - et Google le perçoit comme un signal de fraîcheur et de sérieux. C'est l'une des actions les plus rentables en termes de temps investi.
La troisième, c'est de vérifier comment son site apparaît dans les réponses des IA - ChatGPT, Perplexity, Gemini. Tapez vos requêtes métier les plus importantes, regardez si vous apparaissez, et si oui comment vous êtes décrits. C'est une veille que presque personne ne fait encore systématiquement, et qui va devenir indispensable. Si vous n'apparaissez pas, c'est un signal que votre contenu manque peut-être de clarté, d'autorité ou de structure - et ça vous donne des pistes concrètes d'amélioration.
Trois actions, zéro budget supplémentaire, un impact réel. C'est ça le SEO pragmatique.
Pour en savoir plus : https://www.abondance.com/