27 septembre 2026 : les claims environnementaux qui deviennent interdits, ce que la communication doit déjà retirer

27 septembre 2026 : les claims environnementaux qui deviennent interdits, ce que la communication doit déjà retirer

10 juillet 2026 10 min de lecture
Directive EmpCo : comment adapter votre communication RSE et éviter le greenwashing à partir du 27 septembre 2026, avec preuves, exemples de claims et mini check-list interne.
27 septembre 2026 : les claims environnementaux qui deviennent interdits, ce que la communication doit déjà retirer

Directive EmpCo : le compte à rebours a commencé pour la communication RSE

Le 27 septembre 2026, la directive EmpCo rendra illégales en France plusieurs pratiques de communication RSE liées au greenwashing. Pour une entreprise qui pilote une stratégie RSE et ESG ambitieuse, cette échéance transforme la communication en levier stratégique autant juridique que réputationnel. Vous avez onze semaines pour aligner chaque mot de votre communication responsable avec les nouvelles exigences sur les claims environnementaux, telles que définies par la directive EmpCo 2024/15/UE, articles 4 à 7.

Les entreprises ne pourront plus afficher des mentions comme « neutre en carbone », « zéro impact » ou « éco responsable » sans preuves robustes et labels ou certifications indépendants. Toute communication RSE qui repose encore sur la seule compensation carbone, sans trajectoire de réduction mesurée de l’empreinte carbone, bascule dans la zone rouge du greenwashing. La directive cible aussi les pratiques de greenwashing communication qui utilisent des visuels ou slogans trompeurs pour laisser croire à une démarche RSE structurée alors que les actions restent marginales, avec des sanctions précisées à l’article 9.

Pour un Chief Communication Officer, la question n’est plus de savoir si la communication RSE greenwashing sera sanctionnée, mais quand et comment. Les sanctions prévues pour les entreprises vont jusqu’à 1,5 million d’euros ou 10 pour cent du chiffre d’affaires, selon le projet de transposition EmpCo publié au Journal officiel du 12 mars 2025, ce qui place la stratégie de communication au cœur des enjeux de gouvernance. La responsabilité sociétale n’est plus un supplément d’âme ; elle devient un cadre légal qui impose de relier données, bilan carbone et preuves tangibles à chaque message adressé aux consommateurs et investisseurs.

Cette bascule réglementaire oblige à revisiter la stratégie RSE et la stratégie de communication en parallèle, et non plus en silos. Les directions de la communication en France doivent articuler les engagements de développement durable avec les exigences ESG, en s’appuyant sur des données vérifiables et des bilans audités. La communication responsable devient un test de crédibilité pour l’entreprise, son réseau de fournisseurs et l’ensemble de ses produits et services, avec un risque direct sur la confiance des parties prenantes.

Les claims à bannir immédiatement : audit express de vos supports

La première urgence consiste à passer au crible tous les supports où la communication RSE peut générer du greenwashing, du site corporate aux événements en passant par les packs produits. Toute mention de neutralité carbone basée uniquement sur la compensation doit disparaître, y compris les variantes comme « neutre en carbone sur l’ensemble du cycle de vie ». Les expressions vagues « produit durable », « service éco responsable » ou « en faveur de l’environnement » sans preuves chiffrées et labels certifications reconnus doivent être retirées ou réécrites, en s’appuyant sur des données ESG concrètes.

Appliquez le test des trois mots à votre communication responsable : si vous retirez « durable », « engagé » et « responsable », que reste t il de concret dans vos messages. Si la réponse tient en une phrase creuse, vous êtes probablement en situation de rse greenwashing, même avec une démarche RSE sincère en interne. Ce test doit s’appliquer aux campagnes, aux communiqués, aux livres blancs, aux prises de parole dans les médias et aux contenus d’événements, car la perception prime sur l’intention et sur la qualité des supports.

Les claims environnementaux encore autorisés devront s’appuyer sur des données vérifiables, comme un bilan carbone certifié ou une trajectoire validée par la SBTi. Vous pouvez par exemple mentionner une réduction mesurée de l’empreinte carbone sur un périmètre précis, ou une amélioration documentée des pratiques fournisseurs en faveur de l’environnement. En revanche, toute exagération globale sur l’entreprise ou ses produits et services, sans périmètre ni chiffres, sera assimilée à du greenwashing communication, même si les actions de fond existent.

Cette réécriture impose un travail conjoint entre communication, RSE et juridique, car le juridique seul ne peut pas arbitrer la perception des enjeux. Les équipes RSE apportent les données, les bilans et la compréhension fine des pratiques, tandis que la communication structure le récit et anticipe les risques réputationnels. Pour cadrer ce travail, appuyez vous sur une méthode de plan de communication corporate robuste, comme celle détaillée dans cet article sur le pilotage de la communication RSE face à l’incertitude réglementaire, et ajoutez une mini check list interne de validation des claims.

Réécrire le récit : du slogan « neutre en carbone » aux preuves vérifiables

Réécrire la communication RSE greenwashing ne consiste pas seulement à supprimer quelques adjectifs, mais à reconstruire un récit fondé sur la preuve. Chaque entreprise doit relier sa stratégie RSE, ses actions concrètes et ses données ESG dans une architecture narrative claire, compréhensible pour les consommateurs et investisseurs. La communication responsable devient alors un levier stratégique pour renforcer la confiance des parties prenantes plutôt qu’un vernis marketing, avec des exemples concrets et des indicateurs suivis.

Commencez par cartographier vos engagements de responsabilité sociétale, vos objectifs de réduction de l’empreinte carbone et vos plans d’actions auprès des fournisseurs. Transformez ce socle en messages gradués, du corporate aux produits et services, en précisant systématiquement le périmètre, la période et les indicateurs utilisés pour chaque bilan. Cette granularité protège l’entreprise contre les accusations de greenwashing communication et permet de démontrer une véritable prise de conscience des enjeux environnementaux et sociaux, tout en clarifiant les limites de chaque claim.

Les claims encore autorisés s’appuient sur des preuves tierces : trajectoire SBTi validée, labels certifications reconnus, audits indépendants ou bilans carbone vérifiés. Vous pouvez par exemple communiquer sur une réduction de 30 pour cent des émissions de carbone opérationnelles sur cinq ans, ou sur la couverture de 80 pour cent de vos fournisseurs par un code de conduite RSE audité. Ce type de communication RSE, ancrée dans des données et des pratiques vérifiables, renforce la confiance des parties prenantes et limite le risque de contentieux, en particulier dans les secteurs les plus exposés.

Pour orchestrer cette transformation, la stratégie de communication doit être revue comme un véritable système, et non comme une suite de campagnes. Un CCO gagnera à structurer un réseau interne réunissant RSE, juridique, finance, achats et communication pour valider chaque claim sensible avant diffusion. Dans ce contexte de pression réglementaire, une méthode de plan de communication corporate résilient devient un atout pour arbitrer entre ambition narrative et sécurité juridique, avec des modèles avant après pour guider les équipes.

Éviter le greenhushing : parler moins, mais parler juste et prouvé

Face au risque de sanctions, certaines entreprises basculent déjà dans le greenhushing, en coupant brutalement toute communication RSE. Ce réflexe de retrait peut sembler protecteur à court terme, mais il fragilise la confiance des parties prenantes et laisse le champ libre aux concurrents plus structurés. Se taire sur la démarche RSE et la stratégie RSE revient à renoncer à un levier stratégique de différenciation auprès des talents, des clients et des investisseurs, alors même que la directive EmpCo valorise la transparence.

La clé consiste à parler moins, mais à parler juste, en alignant chaque message avec des données vérifiables et un bilan carbone documenté. Formez vos équipes communication et marketing à la nouvelle réglementation EmpCo, aux risques de rse greenwashing et aux bonnes pratiques de communication responsable, via des modules de formation courts mais exigeants. Intégrez dans ces formations des cas concrets d’événements, de campagnes produits et de communication de crise, en vous appuyant sur des ressources comme ce guide sur la gestion des premières heures d’une crise d’entreprise et sur des exemples de claims réécrits.

Sur le plan opérationnel, mettez en place un comité de validation des claims réunissant communication, RSE et juridique, avec un processus clair de revue des contenus. Ce comité doit vérifier la cohérence entre les actions, les pratiques internes, les engagements publics et les livres blancs ou rapports publiés par l’entreprise. Il doit aussi s’assurer que les mentions en faveur de l’environnement ne masquent pas des zones grises dans la chaîne de valeur, notamment chez les fournisseurs, en s’appuyant sur une mini check list de conformité EmpCo.

Enfin, préparez vous à gérer les crises potentielles liées au greenwashing communication, car les ONG et les médias scruteront les claims après le 27 septembre. Anticipez les scénarios où un claim sur un produit ou un service serait contesté, en documentant en amont les données, les bilans et les preuves disponibles. Une communication RSE maîtrisée, articulée à une démarche RSE solide et à une gouvernance claire, restera un atout pour l’entreprise dans un paysage réglementaire plus exigeant, à condition de pouvoir démontrer la traçabilité de chaque affirmation.

FAQ

Quelles expressions environnementales deviennent les plus risquées après le 27 septembre 2026 ?

Les expressions les plus risquées sont celles qui prétendent à une neutralité globale, comme « neutre en carbone », « zéro impact » ou « 100 pour cent durable », sans périmètre ni preuve. Les mentions vagues « éco responsable » ou « en faveur de l’environnement » sont également problématiques si elles ne sont pas reliées à des données chiffrées, un bilan carbone vérifié ou des labels certifications reconnus. Toute communication RSE qui généralise à l’ensemble de l’entreprise des actions limitées à un produit ou un site devient aussi vulnérable, en particulier dans les secteurs fortement émetteurs.

Comment continuer à parler de RSE sans tomber dans le greenwashing ou le greenhushing ?

La voie médiane consiste à ancrer chaque message dans des preuves vérifiables et des périmètres clairement définis. Il s’agit de relier la stratégie RSE, les actions concrètes, les pratiques fournisseurs et les données ESG dans un récit sobre, mais précis. En procédant ainsi, la communication responsable renforce la confiance des parties prenantes sans surexposer l’entreprise à des accusations de rse greenwashing, tout en évitant le silence complet associé au greenhushing.

Quels types de preuves sont attendus pour sécuriser un claim environnemental ?

Les autorités et les parties prenantes attendent des preuves tierces et structurées, comme un bilan carbone audité, une trajectoire de réduction validée par la SBTi ou des labels certifications reconnus. Des audits indépendants sur les pratiques environnementales des fournisseurs et des rapports RSE détaillant les données et les méthodologies renforcent aussi la crédibilité. Plus le claim est ambitieux, plus le niveau de preuve exigé sera élevé, notamment pour les allégations de neutralité ou de transformation profonde.

Qui doit valider les claims environnementaux dans l’organisation ?

La validation ne peut plus reposer uniquement sur le juridique, même si son rôle reste central. Un binôme, voire un trinôme communication, RSE et juridique doit être institué pour arbitrer les claims sensibles, en croisant perception, conformité et réalité opérationnelle. Ce dispositif permet de sécuriser la stratégie de communication tout en restant fidèle à la démarche RSE et aux contraintes business, et en intégrant les exigences de la directive EmpCo.

Quel est l’impact de la directive EmpCo sur les relations avec les fournisseurs ?

La directive EmpCo renforce l’exigence de cohérence entre les engagements corporate et les pratiques fournisseurs, notamment sur le carbone et les enjeux environnementaux. Une entreprise qui revendique des produits et services plus vertueux doit pouvoir démontrer que son réseau de fournisseurs respecte des standards RSE alignés. Cela implique de mieux tracer les données, de renforcer les audits et de conditionner certains contrats à des actions mesurables en faveur de l’environnement, avec des indicateurs partagés et des plans de progrès formalisés.